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Michaël Achilli : L’évolution de l’énergie utilisable et les changements climatiques : une étude interdisciplinaire.

jeudi 24 février, exceptionnellement de 19 heures à 20 heures, salle Pasteur (1er étage du pavillon Pasteur), École normale supérieure

 

Résumé

Cette étude interdisciplinaire vise premièrement à éclaircir les liens entre le système énergétique et les changements climatiques. Une double impasse devient alors visible : la production alimentaire n’est pas assurée, et l’épuisement du patrimoine énergétique est imminent. De plus, les gaz à effet de serre continuellement rejetés dans l’atmosphère mènent à un dérèglement climatique global, lequel est peut-être trop rapide pour que les populations humaines et les écosystèmes aient le temps de s’adapter. Par ailleurs, sur le plan temporel, plusieurs effets d’inertie (humains et environnementaux) se combinent de telle sorte que les travers de la situation vont perdurer plusieurs décennies.
L’étude des linéaments de cette situation fait apparaître l’importance de la notion de croissance, liée à la volonté chrématistique, et dont l’aboutissement est la tendance récente à la financiarisation de l’économie. Avec l’action du marketing, la production industrielle se replie progressivement sur la création de besoin, menant à l’avènement de la société de consommation. Dans son aspect culturel, l’homme consumériste participe alors au dévorement des ressources naturelles, mais se retrouve psychologiquement fragmenté. En étudiant les réflexions « alternatives » s’élevant contre le consumérisme, nous présentons trois origines complémentaires de l’idée de décroissance. Cependant, la radicalité de ces discours semble empêcher cette notion de réaliser ce que le développement durable n’a pu faire : réorienter rapidement le système industriel.
Les catégories arendtiennes de travail et d’œuvre nous permettent alors d’exprimer l’un des principaux résultats de ce travail : le cœur du problème réside dans l’incompatibilité temporelle entre la consommation et la production, la première étant circulaire, potentiellement infinie, tandis que la seconde est linéaire, contrainte par la finitude des ressources.
Pour ne pas rester sur une constatation pessimiste, nous entreprendrons en guise de longue ouverture d’imaginer une notion, la régénérabilité, fondée sur les flux d’utilisation potentiels des ressources renouvelables. Cette notion pose en réalité les bases d’une réflexion qui devra être poursuivie dans le cadre de la philosophie politique et morale.

 

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