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Séminaire transdisciplinaire de doctorants

Mercredi 8 juin 2011, 18h-20h, salle Pasteur : Peggy Avez, "Expériences et paradigmes de la liberté. Une approche de l’histoire du concept de liberté par son sous-sol affectif"

Loin d’offrir une définition univoque de la liberté, l’histoire de la philosophie manifeste sur ce point des désaccords les plus radicaux. La liberté peut même recevoir une multiplicité de définitions contradictoires, entre lesquelles on ne pourrait trancher qu’on optant pour telle ou telle philosophie. Il semble pourtant que l’on puisse dégager quelques paradigmes qui constitueraient comme les strates du « devenir philosophique » du concept de liberté – pour reprendre l’image deleuzienne d’une histoire stratifiée de la philosophie – et qui s’enracinent dans des expériences fondatrices du monde. Aussi la peur du chaos dans l’Antiquité, le sentiment de la faute dans le tournant judéo- chrétien, et le sentiment d’injustice ensuite, à partir notamment de Rousseau et Locke, ont stimulé l’émergence de trois paradigmes de la liberté. Ces concepts, que sont l’idéal antique de l’eleutheria entendue comme unité harmonieuse de l’homme et du monde, l’idéal judéo-chrétien de l’unification de la volonté avec elle-même via l’horizon médiateur divin, et l’idéal libéral de la liberté comme «  droit de » jalonnent une histoire de la philosophie qui n’est pas succession de thèses mais longue sédimentation de cristallisations successives, lesquelles demeurent vives aussi longtemps qu’elles sont repensées. L’objectif de cette hypothèse n’est pas de fournir un cadre systématique qui réduirait les ambiguïtés de la liberté et appauvrirait l’histoire de la philosophie. Il s’agit bien plutôt de voir comment la manière dont la liberté a été pensée est toujours liée à une expérience affective négative du monde et d’autre part de tracer des lignes dans cette histoire dont les recoupements rendent raison – au moins partiellement – de certains débats contemporains. Dans la mesure où le moment antique correspond à mes recherches les plus récentes, j’insisterai particulièrement sur le lien dans l’Antiquité entre l’angoisse du désordre et l’émergence de la notion de liberté initialement comprise comme autochtonie.

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