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La réception philosophique de la relativité

Dans le cadre de l’Année mondiale de la physique 2005

Colloque organisé par : Ecole normale supérieure (CIEPFC) & Université de Paris IV-Sorbonne (EA 3559 "Rationalités contemporaines")

Date : mercredi 9 et jeudi 10 novembre 2005

(Pour écouter une partie des conférences de la première journée, activez ce lien vers le site de La Diffusion des Savoirs de l’ENS)










 

PROGRAMME DES JOURNÉES

- PREMIÈRE JOURNÉE

Le mercredi 9 novembre 2005 à l’École normale supérieure, salle Dussane (45, rue d’Ulm, 75005 Paris)

MATIN (9h30 - 13h)

LA RELATIVITÉ DE POINCARÉ ET CELLE D’EINSTEIN

Présidente de séance : Anouk BARBEROUSSE (IHPST, CNRS - Paris 1 - ENS)

9h45 : Vincent BORELLA (Archives Poincaré - Université de Nancy 2) : Enjeux de la première réception de la relativité en France, dans un contexte poincaréen

10:30 : Peter GALISON (Harvard University) : Einstein et Poincaré : une différence "éthérée"

11:15 : Françoise BALIBAR (Université de Paris 7) : Einstein et Poincaré : une affaire de principes

12:00 : Igor LY (Université de Nancy 2 - CNRS) : Instruments de mesure et axes de coordonnées : une lecture de "L’espace et le temps" de Poincaré

APRÈS-MIDI (14h30 - 18h00)

LE PARADOXE DES JUMEAUX ET LA RELATIVITÉ DES PHILOSOPHES

14h30 : Laurent LEFETZ (Dunkerque) : Durée ou simultanéité : comment le paradoxe des jumeaux peut en cacher un autre

15h15 : Elie DURING (Université de Paris 10 et CIEPFC) : Le paradoxe des jumeaux et la métaphysique relativiste (Bergson et Whitehead)

16h00 : Frédéric FRUTEAU DE LACLOS (Université d’Amiens) : Valeur déductive et valeur inductive de la relativité : le "relativisme" de Meyerson, Brunschvicg et Bachelard

16h45 : Frédéric WORMS (Université de Lille 3 / CIEPFC) : Synthèse et discussion

- SECONDE JOURNÉE

Le jeudi 10 novembre 2005 à l’Université de Paris 4 Sorbonne Maison de la Recherche, Salle D035 (28, rue Serpente, 75006 Paris)

MATIN (9h30 - 13h00)

Président de séance : Fabien Chareix (Université Paris 4)

9h45 : Anastasios BRENNER (Université Paul Valéry - Montpellier) : Bachelard, Carnap et la théorie de la relativité. Une étude comparée

10h30 : Jan LACKI (Université de Genève) : La réception des idées relativistes dans l’empirisme logique

11h15 : Ivahn SMADJA (Université de Caen) : Hermann Weyl, géométrie et physique

12h : Jean-Jacques SZCZECINIARZ (Université de Paris 7) : La théorie de la relativité transforme-t-elle notre conception de la géométrie ?

APRÈS-MIDI (14h30 - 18h00)

Président de séance : Elie During (Université Paris 10 / CIEPFC)

14h30 : Pierre CASSOU-NOGUES (Université de Lille 3) : Gödel et le temps de la relativité

15h15 : Fabien CHAREIX (Université de Paris 4 Sorbonne) : Russell et les bienfaits de la théorie de la relativité

16h : Jean SEIDENGART (Université de Paris 10) : La théorie de la relativité selon Cohen et Natorp

16h45 : Michel PATY (Université de Paris 7) : La pensée du rapport des mathématiques à la physique dans la réception de la relativité par les philosophes

- ARGUMENT GÉNÉRAL

La théorie de la relativité formulée par Einstein dans sa version restreinte puis générale ne se distingue pas seulement par son remarquable pouvoir unificateur ; elle s’accompagne d’une véritable révolution conceptuelle qui dépasse le strict domaine de la physique. Cent ans après sa première formulation, elle continue à forcer le sens commun à un violent effort de réajustement de ses catégories les mieux établies. Bergson ne s’y était pas trompé : il y reconnaissait, mieux qu’une nouvelle théorie physique, « une nouvelle manière de penser ». Les conséquences de la relativisation de l’espace et du temps paraissaient si radicales que des philosophes de courants divers et parfois opposés se sont sentis immédiatement requis et comme mis en demeure d’en produire une interprétation et d’en développer les problèmes sur leur propre terrain. Ainsi, la théorie d’Einstein venait à son heure. Elle réactivait dans le champ philosophique, un certain nombre de problèmes communs qui, avec le recul, semblent dessiner les contours d’un « moment » philosophique singulier s’étendant des premières années du siècle à la fin des années 1920. Il est important d’en mesurer les enjeux pour mieux comprendre ce qui s’est joué alors entre les héritiers du kantisme et les tenants du positivisme logique, la phénoménologie et les métaphysiques du processus ou de la durée.

De Natorp à Reichenbach en passant par Cohen, Cassirer, Schlick, Carnap, Russell et Whitehead, mais aussi de Bergson à Bachelard en passant par Brunschvicg et Meyerson, ou encore - pour citer quelques illustres savants-philosophes -, de Poincaré à Gödel en passant par Eddington et Hermann Weyl, tous ceux qui se sont penchés sur la théorie d’Einstein pour en dégager la signification philosophique y ont reconnu un foyer de questions irréductibles, résistant à la formalisation mathématique. Ces questions concernent le statut de l’a priori dans la constitution de l’objet physique, la fonction des principes et des conventions, la place de la durée dans la reconstruction physique du monde, la réalité de l’« espace-temps », ou encore la délicate question des rapports de la géométrie et de la physique.

Cette réappropriation philosophique de la relativité n’allait certes pas de soi. Elle a donné lieu à quelques interprétations abusives, et comme en témoigne le débat suscité par l’intervention de Bergson, les échanges entre philosophes et physiciens ont parfois l’allure de dialogues de sourds. Les seconds n’ont d’ailleurs pas attendu les premiers pour interpréter leurs propres théories. C’est pourquoi le rôle d’un Poincaré semble aussi important sur le plan philosophique que sur le plan scientifique : sa conception de la place des conventions dans la construction des théories a influencé tout un pan de la réception philosophique de la relativité. De l’aveu des physiciens eux-mêmes, et en dépit de la belle unanimité qu’affichent les manuels ou les ouvrages de vulgarisation, la signification profonde de la relativité est loin d’être épuisée. Dans les quartiers philosophiques, on continue de discuter de la question de savoir si l’ontologie qui convient aux objets réclame trois ou quatre dimensions ; s’il faut penser en termes de substances individuelles ou de « points-événements » dans l’espace-temps ; si le temps coule uniformément, et même s’il coule tout court ; si le présent, ou la conscience, jouissent d’un quelconque privilège dans la description physique du monde ; si la notion d’existence doit être relativisée avec celle du présent ; si la théorie de la relativité implique un strict déterminisme ; enfin si elle représente bien, comme on le dit souvent, une « géométrisation de la physique ». « Einstein chez les philosophes » : ce n’est pas seulement le récit de l’assimilation ou de la domestication par les philosophes d’une nouvelle image du monde, c’est un chantier théorique qui n’a jamais vraiment fermé ses portes.

- Coordination :

Fabien Chareix (fabien.chareix AROBASE paris4.sorbonne.fr) Elie During (during AROBASE ens.fr)

 

 

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