Cirphles
�cole normale sup�rieure CNRS
> CIEPFC > Colloques > Archives colloques > Les transformateurs Lyotard (25 janvier 2007)

Les transformateurs Lyotard (25 janvier 2007)

Organisé par : le Collège International de Philosophie et le CIEPFC de l’ENS

Dates et Lieux :
Jeudi 25 janvier et Vendredi 26 janvier 2007 (9h30-19h) : Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Samedi 27 janvier (9h30-19h) : Salle des Actes, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris






 

Jean-François Lyotard est devenu célèbre à la faveur de deux livres : Economie libidinale (1974) et La Condition postmoderne (1979) dont l’invention lexicale s’est imposée, sans garder trace de l’analyse qui lui donnait sens. Le renom acquis n’a pas ensuite dissipé les malentendus qui ont gêné la réception de son œuvre. Sans préjuger des raisons de l’équivoque, on constate que les champs de réflexion de Lyotard ont été multiples et croisés (cf. Discours, figure, Le Différend, Heidegger et « les juifs », Signé Malraux) et surtout que leur traitement a connu de notables révisions. Le questionnement politique initial a été si intransigeant que, pour comprendre l’histoire bouleversée du vingtième siècle, Lyotard a dû procéder à des deuils et des refontes drastiques, où le nihilisme semblait le disputer au souci d’une résistance critique. Les« jeux de langage » d’un côté et « l’affect » de l’autre lui ont ainsi servi d’axes pour remodeler - et ce, à plusieurs reprises - le tableau de la condition humaine.

Entre l’incohérence supposée de ses résultats et la ténacité présumée de son dessein, l’œuvre de Lyotard prête à confusion et s’entoure aujourd’hui d’ombre. D’un usage malcommode, sa pensée est le plus souvent rabattue sur celle de ses voisins de « la pensée française » : Deleuze et Derrida. Confusion où s’oublie la place si singulière que Lyotard accorde au sujet entre la décision exigée par le jugement et l’intensité anonyme où se donne l’« événement ».

Presque dix ans après sa mort, il manque une compréhension propre de la voix qui fut la sienne dans le débat philosophique de la fin du siècle dernier. Cette compréhension demande de reformuler le contexte du travail de Jean-François Lyotard, de distinguer son entreprise de celles avec lesquelles elle a peu à faire, de la rattacher au contraire à celles qui ont une profonde résonance avec elle ; mais aussi d’outrepasser le privilège qu’on accorde à certains thèmes de sa pensée (l’esthétique et le relativisme sophistique) pour en affirmer d’autres qui comptent aussi de façon permanente et structurante (celle du juste).

Sans ignorer le chassé-croisé des registres dont chaque livre de Lyotard témoigne fortement, mentionnons quelques lieux distincts autour desquels le questionnement pourra prendre forme : la philosophie politique, la question du désir et l’esthétique, le judaïsme, l’histoire de la philosophie.

Intervenants :

Barbara Cassin (CNRS), Bruno Clément (Université de Paris 8 et CIPh), Françoise Coblence (Université de Picardie, Société Psychanalytique de Paris), Marc Crépon (CNRS Archives Husserl), Olivier Dekens (Lycée de Gennevilliers), Corinne Enaudeau (CIPh), Élisabeth de Fontenay (Université de Paris 1), Alberto Gualandi (Université de Bologne et d’Urbino), Clemens-Carl Härle (Université de Sienne), Laurence Kahn (Association Psychanalytique de France), Patrice Loraux (Université de Paris 1), Catherine Malabou (Université de Paris 10), Jean-François Nordmann (CIPh), Michel Olivier (Université de Paris 10), Jacques Rancière (Université de Paris 8), Jean-Michel Salanskis (Université de Paris 10 et CIPh), Dominique Scarfone (Université de Montréal, Société et Institut psychanalytique de Montréal), Anne Tomiche (Littérature comparée, Université de Paris 13), James Williams (University of Dundee), Frédéric Worms (Université de Lille 3 et ENS Ulm), Pierre Zaoui (CIPh).

Voir aussi le site consacré à ce colloque

 

  |   Contacts & Plans  |   Mentions légales  |   Plan du site  |   Suivre la vie du site RSS