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Séminaire « Formalisme(s) : la philosophie française et les sciences formelles »

17 Avril 2013, 17h30-19h30. ENS-Paris, Salle de Séminaire, Pavillon Pasteur, Brice Halimi « Généralité et transversalité en mathématiques »

ARGUMENT DU SÉMINAIRE

Dans le débat articulé par l’affirmation d’une intimité entre les problèmes ontologiques, les méthodes d’analyse formelle, et les savoirs doués d’une formalité pure, la place de la philosophie française contemporaine est souvent méconnue, négligée ou ouvertement méprisée. Rangée dans la catégorie générique de « philosophie continentale », son insouciance et même son incompétence quant aux aspects formels de la pensée sont habituellement présupposées. Pourtant, la philosophie de langue française n’a cessé de produire des œuvres capables d’interroger avec profondeur et subtilité des aspects essentiels du formalisme dans sa relation complexe à la philosophie et à la science. C’est ainsi qu’après l’œuvre pionnière de Brunschvicg, les contributions de Jean Cavaillès et d’Albert Lautman ont proposé une conception des mathématiques qui, loin de se réduire à l’étude logique d’un champ statique peuplé d’objets idéels, s’ouvre sur un contexte d’activité articulé selon un rapport subtile entre sens, expérience et temporalité. D’autre part, le grand projet de N. Bourbaki, de caractère strictement mathématique, n’a manqué pourtant de produire des effets philosophiques liés à sa nature fondatrice. J. Vuillemin, G.-G. Granger et J.-T. Desanti, représentent à leur tour autant de manières et de styles de philosopher auprès des sciences formelles, intégrant les influences variées de la pensée d’après-guerre. Enfin, la scène philosophique française s’est depuis nourrie de ces influences, ainsi que d’autres, pour les reprendre ou les discuter selon une multiplicité très variée de figures et d’engagements, toujours dans le but de repenser le rapport problématique entre la philosophie et les sciences formelles. D’autre part, en plus de l’existence aussi concrète que multiforme de ces œuvres, la pensée structuraliste et post-structuraliste, qui a dominé une grande partie de la philosophie française contemporaine jusqu’à devenir l’une de ses plus grandes originalités, maintient elle aussi un lien interne avec le formel. En effet, héritée de la linguistique structurale, l’hypothèse structuraliste envisage le sens – en tant que préoccupation centrale de la réflexion contemporaine – comme déterminé, non pas par sa substance, mais uniquement par sa forme, organisée selon une structure complexe de rapports différentiels en principe explicitables. Si bien que, de Lévi-Strauss ou les Cahiers pour l’Analyse, jusqu’à Deleuze, Petitot ou Badiou, nombreux ont été les développements ainsi que les examens critiques de cette hypothèse qui ont suscité l’exploration des diverses dimensions des aspects formels de la pensée. Toutes ces œuvres et ces circonstances témoignent donc d’une attitude active de la pensée française face à la question du formalisme dans la philosophie contemporaine. Le sens de cette attitude n’est pourtant pas simple ni univoque. Si bien que le rapport problématique et pluridimensionnel de la philosophie française à un « tournant formaliste » est moins à constater et décrire qu’à interpréter et construire. Aussi, la recherche que nous voudrions entreprendre vise-t-elle à explorer les différents aspects de ce rapport de la pensée française au formalisme à partir des nombreuses expressions problématiques sous lesquelles ce rapport s’est présenté depuis la fin du XIXème siècle jusqu’à nos jours. En suivant une approche à la fois historique et philosophique, nous espérons qu’une telle recherche pourra contribuer à surmonter la dispersion dans laquelle la question du formalisme semble s’être tenue dans la philosophie française contemporaine, sans pour autant prétendre effacer la multiplicité des dimensions (épistémologique, méthodologique, ontologique…) sur laquelle cette question a trouvé les moyens de se déployer. Par l’exploration de cet espace complexe de réflexion, nous voudrions ainsi essayer de caractériser l’apport spécifique de la philosophie française à l’égard de la pensée formelle, encourageant un dialogue avec des traditions philosophiques souvent perçues comme hétérogènes et disjointes (notamment avec la tradition anglophone, dite « analytique »), tout en contribuant par le même mouvement à sa productivité dans le cadre du moment philosophique qui est aujourd’hui le nôtre. Pour plus d’informations, écrire à Juan Luis Gastaldi ou à Tzuchien Tho

 

Séances 2011-2013

SÉANCES 2011-2013

— L’APRÈS SOKAL : « Qu’est-ce qui s’est passé ? » (26 Octobre 2011)

— « FONDEMENTS ALTERNATIFS » : Les possibilités d’une nouvelle entente critique entre mathématiques, logique et philosophie. (14 juin 2012)

— « LE STRUCTURALISME EST UN FORMALISME » (24 janvier 2013)

CONFÉRENCES HORS-SÉRIE

— Zachary Luke Fraser : « L’éclat de la dialectique dans les courts-circuits de la syntaxe : Hegel, Petersen, Girard » (29 Fév. 2012)

Résumé : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article274

— Charles Alunni : « Diagrammes : la preuve par l’image » (Partie 1) (16 Oct. 2012)

Résumé : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article293

— Alessio Moretti : Y a-t-il une “géométrie oppositionnelle” ? Relance-t-elle le structuralisme en général et la sémiotique narrative en particulier ? (20 Nov. 2012)

Résumé : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article304

— Raphaël Millière/ Thibaut Giraud/ Olivier Surel : Problèmes Formels dans « Aprés la finitude » (demi-journée d’etude) (15 Jan. 2013)

Résumé : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article312

— Ralf Krömer : « Conceptions de dualité et théorie des catégories » (4 Mars 2013)

Résumé : http://www.ciepfc.fr/spip.php?article328

— Brice Halimi : « Généralité et transversalité en mathématiques » (17 Avril 2013)

Résumé : A l’occasion de la récente parution de son livre "Le Nécessaire et l’universel. Analyse et critique de leur corrélation" (Paris, Vrin, 2013), nous sommes heureux d’accueillir Brice Halimi (Université Paris Ouest, IREPH), dont l’exposé aura pour titre « Généralité et transversalité en mathématiques ».

Ce livre vise à remettre en question la corrélation traditionnellement établie, de Kant à Tarski, entre la nécessité et l’universalité. L’objet de l’exposé sera tout d’abord de présenter cette question et le traitement qui en est proposé dans le livre. Dans un second temps, un aspect plus particulier sera abordé : les formes plurielles que prend la généralité mathématique, et les conséquences qu’on peut tirer de cette pluralité.

L’exposé sera suivi d’une réponse par Jean-Michel Salanskis (Paris Ouest-Nanterre) et d’une discussion.

Pour plus d’informations, écrire à Juan Luis Gastaldi ou à Tzuchien Tho

 

 

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