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Séminaire « Philosophie française & Philosophie analytique au 20e siècle »

21 juin 2013, ENS-Paris, Sous-sol du pavillon Pasteur, 9h30-17h, Journée d’étude : "Kant et Frege, lectures croisées"

Organismes responsables : Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC – ENS-Ulm) et Institut de recherches philosophiques (IREPH – Université Paris Ouest – Nanterre)

Responsables : Elie During (Université de Paris Ouest – Nanterre) / Frédéric Fruteau de Laclos (Université de Paris 1 Panthéon – Sorbonne) / Jean-Michel Salanskis (Université de Paris Ouest – Nanterre)

Argument

La philosophie qui s’est écrite en langue française au cours du XXe siècle, c’est bien connu, est fort loin d’être l’expression d’un splendide isolement : non seulement elle a subi des influences étrangères, mais elle s’est pour une part définie et constituée à travers la réception d’œuvres ou de courants nés au-delà des frontières. On le remarque et le souligne les plus souvent en ayant à l’esprit des exemples comme celui de la réception des philosophes allemands (Kant, puis Hegel, puis Husserl, puis Heidegger) ou du rôle déterminant joué par la référence marxiste. Un des premiers buts de ce séminaire serait de réévaluer l’importance de la réception de la philosophie analytique dans la constitution de pensées le plus souvent étrangères dans leur démarche et leur orientation à ce courant aujourd’hui mondialement dominant, et dont les contours, les thèmes et les œuvres directrices se sont définis également au cours du siècle.

On voudrait prendre la mesure de l’attention qui a été portée dès le début aux textes de la tradition analytique naissante, et de la manière dont les différents auteurs de l’hexagone se sont servis de ce qu’ils ont lu et compris dans les sources analytiques. Un premier objectif serait de rectifier une image qui tend naturellement à prévaloir : celle d’une philosophie française n’ayant pas d’autre rapport au paradigme analytique qu’un rapport de combat. Même si une majorité des auteurs au cours du siècle n’a pas adopté le nouveau paradigme, on peut recenser des usages positifs, des alliances ponctuelles entre les philosophes d’expression française et les conceptions ou les arguments de la philosophie analytique.

Au-delà, le séminaire voudrait être l’occasion de tenter plusieurs approches s’associant normalement à cette première mise au point. Par exemple : interroger symétriquement l’attention qui a pu être portée par les auteurs de la tradition analytique à ce qui se faisait en France ; étudier les lectures analytiques de la philosophie française qui ont pu être proposées, ou à l’inverse les commentaires d’esprit continental français des œuvres analytiques ; susciter dans ces deux directions de nouvelles lectures et de nouveaux commentaires. Certains cas spécifiques pourraient ici retenir tout particulièrement l’attention : celui de la philosophie des sciences « à la française » et de la manière dont elle a incorporé en partie certains débats d’une épistémologie internationale de plus en plus focalisée sur les questions logiques ; celui de la philosophie politique d’inspiration analytique et de la réception par elle des contributions en principe « subversives » de certains auteurs français typiques. Bien entendu, on s’autorisera aussi des discussions comparatistes, entre œuvres ou conceptions appartenant à chacun des deux bords, indépendamment de toute relation historique effective entre les textes et les auteurs. L’idée est tout simplement d’utiliser chaque phylum comme grille ou clef de lecture pour les rejetons de l’autre, de manière à éclairer certains problèmes critiques touchant aussi bien à l’épistémologie qu’à la métaphysique, à la philosophie du langage ou à la philosophie politique : rapports de l’intuition et du concept, statut de la temporalité, question du sujet, etc.

Enfin, à un troisième niveau, ce séminaire sera forcément l’occasion de méditer le débat que l’on appelle « métaphilosophique », en se demandant, une fois de plus, si entendre la grandeur et la force de la philosophie analytique obliger à s’enrôler dans sa méthode, si toute résistance à cet enrôlement conduit à valoriser une idiosyncrasie hostile à la recherche de la vérité et à son universalité, enfin s’il existe en l’espèce des « troisième voies » qui feraient échapper au régime polémique pour envisager des articulations plus constructives, attentives aux ressources offertes par les transferts de problèmes, de concepts et de méthodes. Toutes ces questions devraient être posées, dans le cadre de ce séminaire, non pas en référence à la confrontation globale du paradigme analytique et du paradigme continental, ni aux épuisantes tentatives d’autodéfinition que cette confrontation suscite de part et d’autre, mais en considérant le cas particulier des philosophies françaises du vingtième siècle, qui ne sont peut-être pas, en l’espèce, de simples variantes nationales de la chose continentale.

Programme

Vendredi 9 novembre 2012, 16h-19h

ENS - Salle Pasteur

Séance spéciale avec Arkady PLOTNITSKY et Daniel SMITH

Lien vers le descriptif de la séance


Vendredi 18 janvier 2013, 17h-19h

ENS - Salle des Conférences (46, rue d’Ulm)

Jean-Michel SALANSKIS : « Bergson, Merleau-Ponty et Evans sur l’espace »

J’ai soutenu, dans un article paru en 1995 (« Systématisation et dépossession, en mode continental ou analytique », in Revue de Métaphysique et de Morale, n°3, 1995, p. 373-404), que l’on pouvait distinguer la philosophie analytique de la part spécifique de la philosophie continentale dont celle-ci se sépare par le critère de la prise en compte de l’espace comme terme fondamental, à la fois en métaphysique et en épistémologie. Il y a au moins un contre-exemple à ce que je disais alors : Gareth Evans, dans son Varieties of reference, consacre quelques sections à l’espace, dans sa recherche des modes de référence nous permettant de réussir à penser à un objet. D’où l’idée, pour satisfaire à la thématique d’ensemble de notre séminaire, de confronter cette approche de Gareth Evans, du point de vue du traitement conceptuel et de la construction problématique quant à l’espace, avec celle de deux auteurs français contemporain, “espacés” bien que par ailleurs en rapport de filiation : Bergson et Merleau-Ponty.


Vendredi 15 février 2013, 17h-19h

ENS - Salle Pasteur

Stéphane HABER : « Rawls et Foucault »

La réflexion sur le capitalisme a travaillé la philosophie du 20e siècle, et pas seulement chez les auteurs qui se réclamaient du marxisme. Ainsi, dans certains de leurs textes des années 1970, Foucault et Rawls, partant de prémisses évidemment très éloignées, en sont arrivés à rencontrer puis à élaborer une interrogation identique : comment penser les limites historiques de cette forme de capitalisme, dite parfois keynésienne et fordiste, qui s’est imposée en Europe en en Amérique du Nord après la Seconde Guerre mondiale ? Au moyen de stratégies distinctes, ils auront cherché, à peu près à la même époque, à installer cette question et les réponses qu’elle appelle dans une position discrète mais essentielle au sein de leurs dispositifs théoriques respectifs. Même s’ils n’ont pas vraiment approfondi ce problème, les esquisses que ces deux auteurs proposèrent ont conservé leur pouvoir d’attraction et constituent d’ailleurs deux sources d’inspiration importantes de la pensée contemporaine.


Vendredi 26 avril 2013, 17h-19h

ENS - Salle Pasteur

Michel OLIVIER : « Une lecture lyotardienne du différend transatlantique : une affaire de croyances divergentes sur l’hétérogénéité de la raison »

Dans sa présentation de l’ouvrage La pensée américaine contemporaine (PUF, 1991), Jean-François Lyotard écrit : ’je crois que nous pensons sincèrement [nous, les penseurs français] que les vraies questions ne sont pas sujettes à argumentation et que seule l’écriture peut les accueillir’. Ainsi le différend entre pensée analytique et "pensée française" serait bien réel. Il ne s’agirait pas d’une simple affaire de style d’argumentation, ni même d’une opposition argumentable entre réalisme dénotatif et phénoménisme. Il ne s’agirait pas non plus d’un désaccord sur le rôle central de la proposition, munie de sa condition de vérité aimablement publique, par opposition au mot ou au texte. Il s’agirait plutôt de deux ambitions divergentes, que l’on pourrait résumer ainsi : la pensée analytique admet la puissance englobante de la discussion rationnelle. La "pensée française" (fidèle en cela à Kant et au second Wittgenstein) admet que toute discussion rationnelle repose sur un accord qui la précède et qui peut (et parfois doit) n’être pas là. Présupposer cet accord serait la violence même. Après avoir déployé et critiqué l’argumentation de Lyotard, nous la confronterons à quelques questions que la tradition récente a abordé des deux côtés du différend.


Vendredi 21 juin 2013

JOURNÉE D’ÉTUDE : KANT ET FREGE, LECTURES CROISÉES

Intervenants : Ali BENMAKHLOUF, Elie DURING, Frédéric FRUTEAU de LACLOS, Juan-Luis GASTALDI, Brice HALIMI, Jean-Michel SALANSKIS.

Cliquez ICI pour le PROGRAMME COMPLET de la journée et les résumés des interventions.

Programme :

MATIN

Frédéric FRUTEAU de LACLOS (Université de Paris 1) : « Logiques de la sensibilité. La réception esthétique de Frege »

Juan Luis GASTALDI (Université de Bordeaux 3) : « Frege et l’articulation du passage du contenu au sens »

Ali BENMAKHLOUF (Université de Paris Nord) : « Nommer, décrire, énumérer : de Frege à Flaubert »

APRES-MIDI

Brice HALIMI (Université de Paris Ouest) : « La portée de la logique selon Kant et Frege »

Elie DURING (Université de Paris Ouest) : « Rien(s) »

Jean-Michel SALANSKIS (Université de Paris Ouest) : « Réticences analytiques et françaises à l’intuition pure »

 

 

 

 

 

 

 

 

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