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Jean-Charles Darmon

Mr Jean-Charles Darmon

Jean-Charles Darmon est normalien (promotion Lettres 1982). Il est frappé par l’ampleur des transformations de l’École, qui diffère considérablement de celle qu’il avait connue en tant qu’élève. L’offre de formation proposée est bien plus riche et plus diversifiée ; mieux structurée aussi. « On a souvent dit, non sans raisons, que l’ancienne École était une sorte de "Bed and Breakfast", avec quelques cours (de préparation à l’agrégation surtout) et de rares séminaires de recherche "sur place", l’essentiel de la formation se déroulant à l’université. Tout dépendait aussi, largement, de l’initiative des élèves, du parti qu’ils souhaitaient tirer de la liberté dont ils jouissaient.

Il faut, à l’inverse, veiller à ce qu’un cursus trop rigoureusement balisé n’ait pas des effets pervers, en donnant à ces années de scolarité un caractère trop scolaire, au mauvais sens du terme. Le rôle des tuteurs, permettant d’assouplir le dispositif en le personnalisant davantage, sera sans doute déterminant. »

Les souvenirs qu’il garde de cette période : « une grande liberté, un travail personnel intense, parfois peu orienté vers un but précis, ou vers une "rentabilité" immédiate. Rétrospectivement, je ne regrette vraiment pas de ne pas avoir choisi un seul axe auquel je me serais tenu. » Très tenté après son bac à la fois par les sciences et les lettres, et à l’intérieur des lettres par plusieurs disciplines (la littérature,la philosophie, la littérature anglo-américaine notamment),

Jean-Charles Darmon a pu prolonger au sein de l’École ses hésitations. La place des amitiés nouées alors occupe le premier rang dans sa mémoire. La fréquentation de la bibliothèque a été aussi un élément essentiel dans son parcours : « je dois avouer que l’appel de ses rayonnages a été bien plus fort que celui des cours donnés en Sorbonne, c’est sans aucun doute la période de ma vie où j’ai le plus lu ». Le ciné-club a joué un rôle très important ; le théâtre aussi. Il a d’ailleurs créé sa propre compagnie, « L’Age d’Or », et a mis en scène au théâtre 14 Clymène de Jean de La Fontaine (qui n’avait jamais été montée). Après avoir passé l’agrégation de Lettres modernes, il part enseigner trois ans aux États-Unis, à Amherst College, dans un département alors en pleine restructuration où il est responsable des cours relatifs à la Renaissance et au XVIIe siècle, et où il coordonne un séminaire de recherche en littérature française réunissant cinq universités. De retour en France, après un séjour très fécond à la Fondation Thiers, où il est pensionnaire et où il achève sa thèse (Philosophie épicurienne et littérature au XVIIe siècle en France : études sur Gassendi, Cyrano de Bergerac, La Fontaine, Saint-Évremond ), il est élu maître de conférences à Paris IV, où il reste six ans et enseigne surtout la théorie de la littérature. Le goût pour la
recherche collective le conduit à créer, avec Emmanuel Bury, l’équipe « littérature et philosophie » du Centre d’étude de la langue et de la littérature françaises des XVIIe et XVIIIe siècles de Paris-Sorbonne. Après la soutenance d’une habilitation à diriger des recherches, il occupe un poste de professeur de littérature à l’université de Versailles-Saint-Quentin et devient membre de l’Institut universitaire de France.

Lorsque Monique Canto Sperber, fin décembre 2005, lui propose de devenir directeur adjoint, il est dans une dynamique de recherche, plongé dans l’écriture d’un livre. Il lui a fallu, alors, en cours d’année, se familiariser très vite avec les dossiers les plus « brûlants » de l’École, tout en découvrant les « affaires courantes » liées à la tâche de directeur adjoint (présidence du concours d’entrée, arbitrage des budgets, etc.). Il s’agissait, en quelques semaines, de contribuer à la réécriture du projet d’établissement ; de susciter l’entrée d’une grande partie de l’École littéraire dans le processus de Bologne (LMD ; co-habilitation de master) ; de répondre au mieux à la nouvelle loi de recherche (notamment en faisant de l’ENS l’un des partenaires de l’Institut d’études avancées de Paris-Île-de-France, projet de RTRA qui a été retenu par le ministère). Il fallait également, dans des délais également très brefs, user de toute la détermination souhaitable pour que la réforme des classes préparatoires littéraires et des concours ne débouche pas sur un échec, comme précédemment : au terme de négociations intenses, on devrait aboutir, dès la rentrée prochaine, à la création de véritables hypokhâgnes indéterminantes, et d’une banque d’épreuves littéraires communes, réforme capitale, en amont, pour l’avenir de l’École.

Ses projets ? Plusieurs ouvrages sont en cours, dans le sillage de ses cinq livres précédents ; et aussi, toujours, le désir de continuer à développer une recherche collective et transdisciplinaire en lettres. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il a créé à l’ENS un Centre de recherche sur les relations entre littérature, philosophie et science » (CRRLPM),
Programme Pluri-formation qui a vocation à associer plusieurs départements de l’École.

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