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François Nicolas : Night Fantaises (1980, pour piano - ) d’Elliott Carter

École mamuphi de musique, Samedi 7 mai 2011, Salle Celan, 15h

On commencera par une analyse musicale qui aborde l’œuvre selon son écoute (la musique n’est-elle pas l’art spécifique de l’écoute ?). Pour ce faire, on repèrera d’oreille (à un type très spécifique de fluidité rythmique faisant trou dans l’ordre musical du discours) un moment singulier intervenant dès les premières mesures (mes. 18-19), moment qui s’avère susceptible d’orienter l’écoute globale de l’œuvre (on appelle moment-faveur ce type particulier de moment).
On analysera, cette fois partition en mains, ce moment pour en dégager la figure de crux rythmique (en reprenant à Ralf Kirpatrick analysant les sonates de Scarlatti le terme de crux pour l’approprier à un tout autre contexte). De quelle manière ce moment-faveur oriente-il l’écoute en lui proposant un fil rouge, traversant l’œuvre de part en part ?
On dégagera d’abord le double striage extrêmement contraignant qui ossature l’œuvre d’un bout à l’autre : en termes de rythmes d’une part (trains d’impulsions régulières) et de hauteurs d’autre part (séries tous intervalles inscrites verticalement). On exhaussera alors la fluidité affleurant lors du moment-faveur comme index d’une subjectivité musicale parcourant fantasmatiquement le territoire rigoureusement balisé selon des lois inapparentes. On dégagera ce faisant comment un contraste local entre deux voix s’accorde, au fil de l’œuvre, à un contraste régional entre deux tempi comme à un contraste global entre deux allures en sorte, au bout du compte, d’entendre la figure de crux comme constitutive de l’intension musicale stratégique ici à l’œuvre.

À partir d’une telle intelligence musicale de l’œuvre, on examinera ses enjeux généalogiques (la généalogie de l’œuvre est simultanément schumanienne et sérielle, ce qui suffirait en soi à l’inscrire comme singularité…), archéologiques (ce que, dans le monde-Musique contemporain, figure peut vouloir dire s’il ne s’agit plus d’un thème
ou même d’un objet musical proprement dit) et esthétiques : quelles raisonances avec le travail freudien du rêve (condensation et déplacement) et avec une problématique de la subjectivité comme traversée hasardeuse d’un esplace institutionnellement réglé ?

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