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Produire le temps : colloque interdisciplinaire

IRCAM - 14-15 juin 2012 - Salle Stravinsky

Colloque interdisciplinaire organisé par l’Ircam, l’Ens et l’École Polytechnique

IRCAM - 14-15 juin 2012 - Salle Stravinsky

  • Jeudi 14 juin

    9h15 :      Ouverture – Frank Madlener, Hugues Vinet


    9h30 :     Parler du temps, mais de façon formelle - Gérard Berry

    10h15 :     Géométrisation du temps et temps propre d’objets géométriques - Yves André


    11h30 :     Du temps écrit au temps produit en informatique musicale - Arshia Cont et Jean-Louis Giavitto


    12h15 :     À même le temps - Claude Delangle et Nicolas Donin

    14h30 :      Zeitung de Anne Teresa de Keersmæker et Alain Franco - Le temps produit d’une rencontre de la musique et de la danse - Antoine Bonnet


    15h15 :     Temporalité théâtrale et temporalité musicale – François Regnault

    16h30 :     L’Un, le chaos et le cratère - Laurent Feneyrou


    17h15 :     Le temps de la dynamique et la dynamique du temps - Thierry Paul
  • Vendredi 15 juin

    9h30 :     L’idée de protention et ses problèmes - Claude Debru

    10h15 :     Une fréquence peut-elle être instantanée ? - Patrick Flandrin

    11h30 :     Tonality tracking : coupling the temporal structure of harmonic motion in music with brain activity - Petr Janata


    12h15 :     Musical Communication through Resonance - Ed Large

    14h30 :      Direction d’orchestre et interprétation - Pierre- André Valade et Nicolas Donin


    15h15 :     Le temps qui coule et le temps immobile - Alain Bergala

    16h00 :     Comment l’écoute du temps (produit par une interprétation) somme une Forme…- François Nicolas

Argument

 Nombre d’expériences humaines, se déroulent dans une temporalité construite et produite. C’est le cas des arts du spectacle, mais aussi plus largement de toute situation de communication vivante.

 Le concepteur – compositeur, scénariste, conférencier – élabore son intrigue temporelle en préfigurant le processus au moyen de supports techniques de représentation– partition, scénario – formalisant une temporalité latente de celui-ci. Cela est particulièrement vrai de la conception de situations interactives, avec la maturation en cours de langages informatiques dédiés au traitement en temps réel des informations.


 Ces outils techniques se fondent eux-mêmes, explicitement ou non, sur des représentations abstraites du temps – temps linéaire, orienté, cyclique, séquentiel – issues de théories mathématiques et physiques, qui établissent des relations de nature fondamentale avec d’autres grandeurs : temps-fréquence en théorie du signal, temps- espace en relativité.

 L’action de l’interprète inscrit par son corps la réalisation du processus dans un temps vécu, qui dépasse de loin sa prescription latente et formalisée, dans l’information qu’elle produit et la relation qu’elle induit. C’est là tout son apport à la constitution d’un sens spécifique. La présence centrale de l’interprète dans les arts vivants confère en effet à l’intrigue une intentionnalité, un déploiement spatio-temporel et un sens provisoire, de ce qui était encore à l’état syntaxique, qu’il dénoue en un décours temporel produit à mesure. L’ambiguïté du terme interprétation — à la fois appréhension / compréhension de l’œuvre et exécution de cette dernière, y compris par une machine programmée — est ici particulièrement signifiante. Quelles sont ainsi les stratégies — analyse, mémorisation, répétition, anticipation – que l’interprète mobilise tant pour sa préparation que dans l’instant de l’exécution ? Quelles sont celles que l’interprète-historien développe à son tour pour composer une intrigue vraisemblable ? D’un point de vue anthropologique enfin, notre présent est marqué par l’échange continu entre information et corps. La possibilité de capter et d’analyser en temps réel notre comportement permet potentiellement d’anticiper un futur proche, de réduire l’imprévisible sans pouvoir l’abolir : mais cette puissance de l’anticipation nécessite elle-même une interprétation des données. Cette situation induit-elle à son tour de nouveaux paradigmes temporels ?

 Temps abstrait, temps latent, temps vécu rendent compte de théories et d’expériences dont les relations sont généralement peu explicitées. L’unification des points de vue se heurte aux limites des connaissances et à l’impossibilité d’objectiver le temps comme réalité ontologiquement indépendante : la considération de structures du temps n’a de sens que relativement à une chose – phénomène ou artefact – à la fois objectivée et subjectivée selon un déploiement temporel spécifique.

 L’objet de ce colloque interdisciplinaire est de faire un état des connaissances, savoir-faire et pratiques de production du temps et de susciter des fertilisations croisées associant les contributions d’artistes, concepteurs et interprètes à celles de chercheurs en mathématiques, informatique, sciences cognitives et sciences humaines, philosophie et esthétique.

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