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« La musique contemporaine et les langues »

13 avril 2013, ENS-Paris, Pavillon Pasteur, salle de séminaire du CIRPHLES

 

Séminaire Babel

(V. Anger, A. Bonnet et F. Nicolas)

Le samedi, toute la journée (10h30-13h, 15h-18h)

à l’École normale supérieure

45, rue d’Ulm - Paris V


  • 17 novembre 2012 : Atelier sur la langue française :

    Journée coorganisée avec Michel Bernardy (Le jeu verbal – Oralité de la langue française ; L’âge d’homme)

    Participation des acteurs Valérie Bezabçon, Régis Bocquet et Sava Lolov

    François Nicolas : Comment rendre musicalement justice d’un poème en langue française ?

    exemples : http://www.entretemps.asso.fr/Babel/Guirlande.mp3
  • 19 janvier 2013 : Atelier sur la langue russe

Journée coorganisée avec Jean-Marc Mory

Interventions : Alexandre Markov (acteur, metteur en scène, pédagogue), Valentina Beletskaya (actrice, pédagogue, spécialiste de la voix et de la diction)…

  •  30 mars 2013 : Atelier sur la langue allemande (Attention : séance 
    décentralisée à Rouen)
     
  • 13 avril 2013 :
    -10h30-13h : François Nicolas - À quelles conditions musique et langues peuvent-elles faire œuvre commune ?
    -15h-18h : Violaine Anger - Pour une approche historique de la prosodie : le tournant Rousseau (Discutant : Antoine Bonnet)
    L’écoute des propriétés sonores de la langue ne va pas de soi dans une culture où la musique s’est développée à partir d’une langue que tout le monde prononçait à sa manière, le latin. Elle se précise donc aussi en parallèle avec une histoire de la réflexion sur le signe et la signification. A l’époque de Rousseau, l’apparition d’une musique instrumentale autonome oblige à repenser l’activité signifiante, ce à quoi l’inventeur du mélodrame s’attelle dans l’Essai sur l’origine des langues et le Dictionnaire de musique.
    L’intervention s’efforcera de revenir sur les points essentiels de sa pensée.

     

Argumentaire

La musique – plus précisément cet art musical qui s’assure, via sa propre écriture (solfège), d’une ressource logique immanente - a su, en différents moments cruciaux de son histoire, tirer parti d’un rapport intime aux langues de son temps pour y puiser de nouvelles ressources, tant objectives que subjectives. Cela fut exemplairement le cas autour de Monteverdi et, bien plus tard, autour de Wagner puis de Schoenberg et Debussy (il faudrait ajouter d’autres noms à cette liste de compositeurs pour qui continuer l’art musical passait par l’invention d’une alliance avec telle ou telle langue).

Tout de même, la musique dite contemporaine de ce début de XXI° siècle a sans doute parti à tirer d’une alliance renouvelée avec les langues du monde en vue de franchir le tournant majeur dans lequel elle se trouve engagée.

Pour spécifier un propos plus général d’Adorno (« L’art a besoin de quelque chose qui lui est hétérogène pour devenir art »), on dira que la musique contemporaine a particulièrement besoin aujourd’hui de se rapporter à quelque hétérogène pour rester art, et que, parmi les hétérogénéités susceptibles aujourd’hui d’être accueillies par la musique en sorte de la féconder, les langues du monde (pour ne pas employer la catégorie trop abstraite de langage) constituent une candidature privilégiée parmi l’ensemble des pratiques susceptibles de jouer ce rôle (qu’il s’agisse alors de la chorégraphie, des arts contemporains de l’image et de la plasticité ou même de formes non artistiques de pensée…).

 

De quelles manières proprement contemporaines la musique peut-elle nouer de nouveaux types de rapports avec les différentes langues du monde ? Non pas tant comment mettre en musique ces langues ou, à l’inverse, comment mettre la musique en langue (et nul besoin, pour tirer parti de cette orientation, de supposer quelque connivence native entre musique et langage), mais plutôt : comment moduler la musique selon telle ou telle langue ? De quelles ressources, propres à telle ou telle langue, tirer musicalement parti ? Quelle dialectique proprement musicale inventer entre deux figures réciproques de la même « modulation » : celle de qui accueille un étranger (et respecte son hétéronomie) et celle de qui accepte d’être un hôte en terre étrangère (et autolimite son hétéronomie) ? Comment tout ceci a-t-il été déjà pratiqué, ces derniers temps mais également dans un passé plus lointain ?

Comment, à ces fins, tirer parti d’une meilleure connaissance et compréhension des logiques discursives respectives de la musique et de telle ou telle langue ?

 

Les langues candidates à cette nouvelle alliance sont évidemment nombreuses :

· langues vivantes peu habituées à ce type d’alliance et que le monde actuel nous offre à foison : langues arabe(s) et orientales, d’Afrique et d’Océanie… ;

· langues vivantes déjà mobilisées mais avec lesquelles l’alliance aurait sans doute à être renouvelée : langues d’origine européenne, langues japonaise et chinoise(s)… ;

· langues mortes dont l’autonomie et la consistance tant syntaxique que phonologique restent suffisamment assurées pour opposer quelque résistance à la logique discursive propre de la musique (et ne pas se voir musicalement réduites à une série d’onomatopées insignifiantes…).

Ce séminaire voudrait privilégier un abord monographique de ces questions (tout particulièrement des ressources que telle ou telle langue peut apporter à la musique contemporaine) plutôt que convoquer une science générale de ce que langage voudrait aujourd’hui dire.

Il s’adresse tant aux musiciens – compositeurs et interprètes (en particulier chanteurs) – et aux musicologues soucieux de création contemporaine qu’aux acteurs (créateurs, savants ou simples amateurs) de ces diverses langues.

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