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Séminaire Mamuphi 2012-2013

13 octobre 2012, François Nicolas, "De sept moments « mamuphi » dans l’histoire de la pensée"

François Nicolas (Ens-Cirphles)
Samedi 13 octobre 2012, 10h30 à l’École normale supérieure, 45, rue d’Ulm - Paris V

Peut-on transformer le nom propre mamuphi (désignant une initiative singulière engagée à Paris en 1999, dont un séminaire fêtant ses dix années d’existence) en un nom commun apte à désigner différents moments spécifiques dans l’histoire de la pensée ?

Si on appelle ainsi mamuphi des moments où d’une part mathématiques, musique et philosophie connaissent séparément de significatives transformations internes, et où, d’autre part, ces trois transformations entrent temporairement en raisonances réciproques, se confrontant et se fécondant les unes les autres, on propose de discerner au moins sept moments de ce type. Successivement :
un moment grec originaire (VI° av. J.-C.),
un moment Boèce (VI° ap. J.-C.),
un moment arabe (Bagdad, IX°-XI°) qu’on dira celui d’Al-Khayyâmi (XI°),
un moment Descartes (XVII°),
un moment Rameau (XVIII°),
un moment « Music Theory » (aux États-Unis, après 1950),
et notre moment mamuphi en cours (à Paris, à partir de 1999).
A contrario, on ne semble pas pouvoir déceler de tels moments, ni durant l’histoire de Rome, ni pendant le Moyen Âge européen (spécialement pendant la scolastique, XIII°…) ou la Renaissance (XVI°), ni au cours du XIX° (partagé entre romantisme et positivisme), ni même dans la plupart du XX° (et ce malgré l’important constructivisme de ce siècle et, après-guerre, le structuralisme).

1. - Comment caractériser spécifiquement chacun de ces sept moments : que s’est-il passé, dans chaque cas, en mathématiques, en musique, en philosophie puis dans leurs rapports ?

2. - Dans cette perspective, qu’en est-il de notre moment mamuphi actuel ?
On soutiendra que ce moment procède d’une triple circonstance : en mathématique, le développement de la géométrie algébrique (Grothendieck…) et de la théorie des catégories (pour la France, Ehresmann…) ; la relance d’une philosophie française du concept attachée à la pensée des sciences (dont la généalogie va de Brunschvicg à Badiou en passant par Bachelard, Cavaillès et Lautman mais aussi Althusser et Dessanti, sans oublier Koyré et Canguilhem…) ; en musique, la nécessité compositionnelle d’échapper, en une époque nihiliste du « post » (post-sérialisme, post-spectralisme, post-modernisme…), à la dualité obscurantiste d’un néo-romantisme (lyrisme néo-tonal…) et d’un néo-positivisme (technique informatique…).
On analysera les rapports noués entre ces trois perspectives comme la mise en partage d’un souci proprement logique : comment les logiques spécifiquement mathématique, musicale et philosophique entrent-elles ou non en raisonance ici et maintenant ? À ce titre, on relèvera que notre moment mamuphi tire aussi parti d’une transformation interne à la logique mathématisée qui a remis sur ses pieds le rapport mathématique/logique (voir les travaux de Girard), la logique se fondant désormais sur les avancées mathématiques les plus contemporaines plutôt que de prétendre fonder la rationalité mathématique.

3. - Comment, après plus d’une décennie de travail fructueux (cf. notre nouvelle publication collective) poursuivre ce moment de l’intérieur ?
Discuter ce dernier point constituera l’enjeu majeur de nos échanges.

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